dimanche 17 février 2019

Ma pierre du Jura


Depuis enfant, j'ai collecté des cailloux, des galets bien lisses, des granits bien rugueux, des pierres denses ou d'autres encore, plus légères. J'ai trimbalé tout un petit monde pendant mes voyages, mes déménagements et encore maintenant je me résous mal à jeter ces souvenirs encombrants...

Pourtant, c'est d'un autre caillou que je vais vous dire l'histoire, profitant de ces journées encore hivernales où le jardin dort.

Habitant les Alpes, je n'ai découvert le Jura qu'assez tardivement, mais j'ai tout de suite était fascinée par ses rocailles naturelles. Un jardin immense que seul un jardinier génial avait su créer. Les plantes bien sûr,  si heureusement enserrées dans ces cavités qui captent la chaleur, mais aussi le minéral. 


Ces roches sont désormais interdites de cueillette, mais il faudrait dire de "déracinement" tant elles sont intégrées au sol. Le gel ou le sabot d'une vache parfois les brise, mais ce ne sont que des éclats...

Ma pierre a certainement été ramassée il y a bien longtemps et elle servait de support sous le robinet d'arrosage d'un vieux jardin de la région... Je me désolais de la voir livrée  à cette tâche prosaïque, mais j'étais bien la seule à voir l'intérêt de ce beau matériau. Quelques années plus tard, à la faveur du déménagement des locataires, j'ai été invitée à choisir "ce qui me ferait plaisir au jardin". J'osais à peine formuler ma demande, mais je suis revenue avec "ma" pierre - entre autres.


Je l'ai tout de suite habillée de joubarbes, de sedums.... Les mousses son venues s'installer naturellement. Bien au chaud sur la terrasse sud, c'est mon petit jardin sec - bien modeste.


Tout ce petit monde n'a jamais démérité, et depuis 20 ans bientôt, je le regarde évoluer, chaque saison avec ses particularités.


Mousses, lichens,  fourmis et araignées ne la dédaignent pas non plus.


L'hiver parfois me fait craindre le pire,


mais c'est une renaissance à chaque fois.


Pourtant après tant d'années de vie sauvage, je me résous maintenant à lui ajouter un peu de terre au printemps et à remplacer quelques vaillantes qui vont finir leur vie dans un milieu plus nourrissant...

J'ai déplacé ma pierre elle-même pour lui faire profiter de l'ombre légère de l'Acer palmatum, quelques dizaines de centimètres au plus.


Ainsi, je la garde toujours sous les yeux, avec le souvenir de son origine magnifique!



Si vous êtes intéressés par la pierre elle-même, vous trouvez tout ICI



dimanche 3 février 2019

Matin bleu

Cela a commencé par le vol rapide et régulier du pic qui fléchait vers je ne sais quelle autre pitance... puis la sittelle s'est installée près des mangeoires...


Son assiduité m'a alertée et je savais qu'elle annonçait la neige... Une petite couche poudrée, mais un grand froid. La fontaine m'offrait des cascades de glace.


Les jeunes moineaux piaillaient et tentaient de se réchauffer...


et le tarin des aulnes a donné un concert de gazouillis digne d'un printemps auquel je n'osais croire !


L'hiver inoffensif, un jardin endormi que les oiseaux agrémentent, cela aurait pu durer encore... Les buissons et le chêne avaient subi leur taille annuelle, nous n'avions plus qu'à nous glisser vers le meilleur.

Mais ce matin, tout était bleu et ouaté!


L'hiver blanc nous avait atteints pendant la nuit. Les oiseaux ne trouvent plus les mangeoires enfouies, et leurs vols maladroits soulagent les rameaux de leur couverture...


Je ne boude pas mon plaisir, malgré l'humidité et le froid - c'est beau, ce blanc bleu!

La fontaine n'en a cure, elle chante et c'est presque incongru dans ce silence ouaté!


A nos bottes, bonnets et gants: il va falloir dégager le chemin! Un dimanche tonique!

samedi 12 janvier 2019

Saison morte

Un début d'année sans intérêt pour le jardin : le froid est intense et tout semble figé, si ce n'est le piaillement des moineaux et les froufroutements de leurs envols... Au gré des maigres rayons de soleil, quelques touches de couleurs, pourtant!

Avant la neige, les plumeaux des Rubans de bergère dansent dans le froid...


Les petites Viola cornuta gèlent toutes les nuits, mais redressent la tête vers midi - c'est un cadeau dont je ne me lasse pas, hiver après hiver!


Puis la neige est arrivée... Elle a le mérite de cacher les imperfections et les feuilles qui traînent encore dans les massifs, mais le jardin n'est plus qu'un lieu de passage que l'on traverse rapidement! 

Les merles n'en finissent pas de piller les fruits qui restent encore, car les branches de la viorne sont si fines qu'elles cassent sous ces poids-plumes!


Le Petit Prince du nord (j'ai deux rouge-gorge au jardin - chacun dans sa partie) est un assidu quotidien qui se régale des graines rejetées par les mésanges et les moineaux qui choisissent soigneusement leurs préférées.


Mais, il doit partager sa pitance avec un invité surprise que seule l'attitude patiente de Seita, la féline, m'a révélé. 


C'est un mulot je pense. Seita, devenue une vieille dame, s'en est fait une distraction, mais elle n'est plus aussi rapide qu'autrefois - quand j'en recevais en "cadeau" presque tous les jours. Je n'ai étonnamment pas de dégâts dans mes bulbes, alors que j'ai lu que ce petit être charmant pouvait être terriblement destructeur... Alors, je le laisse profiter de l'abri de ma cabane de jardin ...

On disait dans nos campagnes que "la neige est le fumier du pauvre" et qu'il fallait laisser la terre en paix pendant l'hiver. La jardinière profite aussi de cette pause forcée!