Commençons ce billet des jours heureux avec un erratum! Dans mon enthousiasme à vous montrer ma belle clématite qui va fleurir jusqu'aux gelées, je vous ai présenté Arabella, en la nommant Blue Angel. Elles poussent à quelques mètres l'une de l'autre, mais elles ne se mélangent pas... et je les trouve bien différentes l'une de l'autre. L'Ange est plus capricieux - un peu plus âgé aussi! (Je rectifierai la légende de l'image dans mon dernier article dans quelques jours). Voici donc la planche qui les départage et les définit correctement:
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En haut: Blue Angel
En bas: Arabella |
Erreur avouée, à moitié pardonnée - je l'espère!
Les jours pluvieux de juin ont donné des petites scènes très fraîches que j'ai pu apprécier entre deux averses. Dans et autour du bassin, c'est la fête. C'est tout petit, mais entre le carré du bassin et le massif inondable accolé, un microcosme s'est installé! Le nénuphar éclot fleur après fleur.
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| Nymphea X Gladstoniana |
Une libellule est née, la voilà quelques minutes avant son envol, son exuvie percée abandonnée un peu plus bas
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| Aeschne |
et les Astilbes mettent beaucoup de pep dans le fouillis des iris et astrantes de la fausse tourbière. Leur belle santé cette année me laisse à penser que je ne les inondais pas suffisamment lors des printemps moins arrosé que celui-ci.
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| Astilbe |
Le bégonia acheté en planton sous le nom de "Begonia" me ravit et son rouge vif anime le passage en bordure du voisin...
Le soleil revenu, par intermittence d'abord, puis au beau fixe hier a permis à quelques roses de surmonter les intempéries...
Pour sa première floraison, La Fraîcheur me ravit complètement. Il ne fleurit qu'une fois, mais pour ce genre de spectacle, je ne le regrette pas. Il est défini comme une liane vigoureuse et je me réjouis de le voir escalader la structure devant les miroirs...
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| Rosier La Fraîcheur, Turbat 1921 |
Ce rouge profond, c'est celui de Malicorne, un polyantha qui m'a donné bien du fil à retordre... Il est arrivé en bon état mais malingre. Ce n'est qu'à force de fumure qu'il a fini par démarrer une ou deux tiges de 40 cm et je désespérais de le voir grandir et fleurir honnêtement! Cette année, deux hampes de 80 cm et un bouquet d'une couleur captivante! Je ne regrette pas d'avoir patienté...
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| Rosier Malicorne, Delbard 2005 |
Les nuits encore fraîches ont donné le rose aux joues de Léontine Gervais! Elle était très pâle en début de floraison et la voilà maintenant beaucoup plus rose... Elle n'a pas si mal résisté aux grandes pluies, mais il ne s'agit pas de la toucher: tous les pétales croulent en même temps. Juste l'admirer et la humer... délicieuse!
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| Rosier Léontine Gervais, Barbier 1903 |
Le portique est toujours fleuri - et la cour jonchée de pétales tombés! Le spectacle à la sortie de la maison me comble!
Enfin, aux heures chaudes, les hôtes du jardin s'en donnent à coeur joie! Cette petite faune me remplit de plaisir et m'encourage à supporter quelques nuisibles en traitant le moins possible... Les camomilles encouragées à se resemer près des rosiers pour attirer les pucerons remplissent leur rôle sans regimber. Elles bourdonnent donc de syrphes qui savent y trouver le pollen et la viande!
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| Syrphe brodé sur Camomille |
La Rodgersia bien étalée cette année a nourri pendant plusieurs jours cette Trichie fort affairée! J'aime baucoup son petit gilet de fourrure et ses élytres vernissées...
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| Trichie commune sur Rodgersia |
D'autres, tout aussi jolis, mais qui ne sont pas les bienvenus prévoient déjà une descendance heureuse dans mes lys. J'avais essayé le marc de café, mais avec les pluies, j'aurais dû prévoir une tournée supplémentaire!
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| Criocère du lys |
Ce billet est bien long, je m'en rends compte, mais la saison veut que l'on ait des plaisirs à chaque passage au jardin. Des plaisirs simples que seuls les jardiniers savent goûter, comme ces petites campanules qui se naturalisent dans le mur...
ou les premiers fruits goûteux de l'Amélanchier planté il y a deux ans, encore trop bas pour que les merles le pillent! En éditant la photo, je découvre l'ombre du mini-escargot qui semble dormir au revers de la feuille... le voyez-vous?
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| Amélanchier Prince William |
Et que je vous parle d'une plante que je ne connaissais pas avant de tomber en arrêt dans une jardinerie: La Goutte d'Or, au nom latin imprononçable... Originaire du Caucase, elle a besoin d'un terrain bien drainé. Elle est censée courir à l'ombre des mes asters, entre les plantes d'iris, au haut du mur...
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| Chiastophyllum oppositofolium - Goutte d'Or |
Je termine avec une photo d'une petite viorne, elle aussi rencontrée par hasard dans une jardinerie. Très bas, presque nanifié, l'arbuste nous a immédiatement plu. Il reste très trapu, et j'ai mis longtemps à pouvoir lui donner un nom, sa floraison blanche à fin juin étant peu habituelle me semblait-il dans la famille des viornes... Finalement, je pense qu'il s'agit d'une viorne Winton, au feuillage persistant, presque bronze en hiver. Ses fleurs sont tombées sous la pluie, les grappes étaient bien plus serrées... Connaissez-vous ce buisson ou l'avez-vous dans le jardin?
Le mois de juillet commence très fort au jardin de Gine!