jeudi 4 juin 2020

Petit monde en grand

Ca bourdonnait fort dans le jardin avant les orages d'hier et d'aujourd'hui! Aux heures les plus chaudes, je m'amuse à découvrir la vie secrète qui palpite au revers des feuilles, ou à découvert sur les fleurs.

 A tout seigneur tout honneur : je commence par l'abeille, domestique ou sauvage, blonde ou noire, qui anime le jardin dès les premiers crocus.


Mais la Scabieuse des prés attire bien d'autres butineurs, tous très affairés à visiter ses nombreux réservoirs à pollen,

Halicte des Scabieuses

Empis marqueté

J'ai vu éclore plusieurs nuées de sauterelles vertes, qui grandissent bien vite, parmi les feuilles de géranium...


et aussi, dans une herbe un peu haute, l'envol d'une mouche un peu moins plaisante à l'oeil. 

Mouche de la Saint-Marc

Les syrphes sont très actifs dans le soleil, et j'ai choisi ce gracieux Syrphe ceinturé pour les représenter ici ...


Voici un nouvel arrivé que j'ai eu de la peine à déterminer.

Tenthrède

Parfois, c'est à l'oreille qu'il faut se laisser guider... et un bourdonnement très "énervé" m'a avisé d'une scène osée.

Volucelle Bourdon

La couleur rouge, pour passer inaperçus, n'est pas la plus adéquate, même si c'est en silence...

Punaise Arlequin

et si en plus, on complique les choses...

Punaise Arlequin

Tout ça peut me laisser espérer de futurs habitants...

Une nouvelle venue, du moins jamais observée jusqu'à cette année.

Malachie à Deux Points

Et des rutilants encore...

Clairon des Ruches

Coccinelle à Deux Points

Coccinelle  (à nombreux points!)

Côté papillons, des piérides, beaucoup. Quelques citrons, et des Vanesses de l'ortie, quelques-unes aussi. Je suis un peu inquiète d'en voir si peu, alors qu'ils abondaient autrefois...

Vanesse de l'Ortie ou Petite Tortue

J'espère que la floraison à venir des deux buddleias rameutera les gracieux ailés!



mercredi 27 mai 2020

Prémices

Ce n'était qu'un frémissement et toute à ma joie de regarder les iris, je
n'avais pas vu que les roses commençaient à s'épanouir!

Voici les premiers boutons. Pour moi,  leur forme est aussi importante que la forme de la fleur!

Mon chouchou, un rosier ancien, un rosier de famille, qui au jardin porte le nom de l'oncle qui me l'a donné...

Rosier centifolia

En plus éclatant, mais si bien turbiné, blanc nacré, The Generous Gardner.


Et enfin, le sublime Gertrude Jekyll, qui daigne enfin fleurir... Je n'ai eu que des misères avec ce rosier (deux boutons quand même cette année!), mais je lui pardonne tout pour son rose auquel je ne résiste pas!


Pour les autres boutons, je suis arrivée trop tard! Alors les premières fleurs, timides encore, 
Sourire d'Orchidée, dans sa robe de naissance encore abricotée,


puis Clair Matin, tonique dès l'éclosion.


Enfin, annonçant les cascades à venir, Belle des Fagnes,


et le robuste Pink Grootendorst aux fleurs compliquées comme des oeillets.


Pour terminer cette série de premières émotions, le dernier arrivé, Little White Pet.


Et vous dont les jardins croulent sous les guirlandes de roses déjà dans leur plénitude, avez-vous eu le temps de vous émouvoir devant leur naissance?


samedi 23 mai 2020

Les glorieux

Après les petites fleurs spontanées, c'est le tour de piste des glorieux iris.

Et c'est un spectacle dont je ne me lasse pas! Un concert cacophonique mêlant les coloris au gré des plantations s'étalant sur plusieurs années, car je n'ai pas pu me résoudre à une "bordure" d'iris - bordure si belle à la saison de la floraison, mais bien trop stricte par la suite pour un petit jardin manquant cruellement de massifs. 


Evidemment, ainsi ils mettent plus long à récupérer et les nouveaux hybrides ont de la peine à s'installer, aussi j'en reste aux sortes anciennes.

Les incontournables sont les iris jaune souffre, certainement des iris Rocket, qui fleurissent bon an, mal an.



Les autres coloris sont plus capricieux et ne sont pas régulièrement au rendez-vous, bien qu'ils manquent rarement plus d'une année ou deux!
Comme le délicat I. Lady Allbright


dont la macule mauve fait toute la préciosité.


Chaque iris a un parfum différent, et le soir, ils sont franchement enivrants. L'iris Arpège est presque poivré


alors que ce beau bordeaux indéterminé est plus floral.



Deux variétés anciennes qui me sont chères, l'Iris Alcazar, si typique,


et un bicolore très tape-à-l'oeil que je n'aime pas tant que ça, mais qui m'a été donné. Autrefois, les giroflées l'entouraient, mais l'ombre sous l'arcade des rosiers le laisse esseulé.

Iris Accent
Du côté de la fausse tourbière, les pieds en milieu inondable, l'iris laevigata donne la réplique à


l'iris pseudoacorus.


A la faveur de l'hiver doux, les iris hollandica, plantés en 2014 mais n'ayant jamais fleuri, font une belle apparition !


Et pour la même raison, je peux voir un compagnonnage rare sous mon climat : iris et rose font la paire!

Iris hollandica et rosier Cardinal de Richelieu
Mais les iris vont sur leur fin et pour les roses, ce n'est que le tout début. Je les égrainerai lors d'un prochain article.


dimanche 17 mai 2020

Dominance

Entre la fin des tulipes et le début des roses, le jardin est bicolore. Vert - bien sûr - et violet. Violet, c'est ma couleur, depuis mon enfance, où je choisissais invariablement la laine mauve pour une jacquette ou un pull - au grand désarroi de ma mère : "une couleur de grand-mère!"

J'aime tous ses tons, du plus clair au plus sombre, et le jardin dont on dit qu'il est le reflet de la personnalité du jardinier me comble.


Les ancolies font la guirlande qui lie les massifs, et à elles seules, elles jouent toute la gamme.



Les grosses têtes des aulx s'élèvent au-dessus de la mêlée et apportent un peu de structure,


tandis que le Pigamon à feuille d'ancolie fait dans la légèreté.


Une bonne enfant que cette Scabieuse des prés qui circule à sa guise entre les massifs, mais toujours au soleil. Les butinants en sont fous - et ce ne sont pas les seuls : je ne voudrais pas d'un jardin sans elle!


Pour le raffinement, les grands iris sont les premiers en ligne, tel cet Iris Alcazar.


La Clématite Le Président fait la star.


Mais tout ce petit monde va devoir céder la place, car après la pluie et les froids de la première quinzaine de mai, le soleil revenu fait déjà éclore les premières roses. 

Et je ne finirai pas sans vous parler de la petite floraison de la glycine gelée qui reprend vie... 



Petite floraison, mais si mauve!


vendredi 8 mai 2020

Le jardin spontané

J'admire toujours, dans les jardins des autres, la belle ordonnance des massifs, les volumes des plantes, les échappées qui mènent l'oeil vers un point de focal. Pendant longtemps, j'ai pensé que mon manque de ténacité, voire même de projection, m'empêchait d'avoir un tel jardin "admirable".

J'aime aussi les intérieurs zen et dépouillés du superflu, mais je ne peux m'empêcher de faire des brocantes, de ramener de mes balades quelque bois flotté, ou quelque caillou... et la maison est comme un grenier surchargé de vieilleries - que j'aime!

Puis, au fil des années, j'ai compris : il en va au dehors comme en dedans - la profusion est pour moi vitale. J'aime mon intérieur, et encore plus mon jardin! Tous les deux contenus sont par des structures carrées, et ils sont pleins d'exubérance...

Ce qui permet ce que j'appelle un "jardin spontané". Ce n'est pas un jardin "naturel", puisque j'y ai introduit tant et tant de plantes. Je les laisse vivre leur vie, trouver leur chemin, aller d'un massif à l'autre, et même mourir,  pour renaître parfois ailleurs.

Et alors? alors je m'amuse des petites scènes à chaque saison différentes qui se créent sans mon intervention ou presque. 

Ancolies et Centaurées sont les reines de ces improvisations, et elles se côtoient sans problèmes.


La jacinthe des bois est prolifique mais elle a trouvé en l'Euphorbe faux cyprès une compagne qui sait lui tenir tête.


Un "vrai" sauvage, le Géranium robertanium, le gracieux "Herbe à Robert" colonise le gravier, les passages, et ici la clématite des bois, en bordure de terrasse. Tous deux seront taillés, la clématite refusant de fleurir depuis plusieurs années.


La marguerite des champs aime mon jardin... Régulièrement, elle change de massifs, mais reste toujours dans le jardin sud. Lorsque l'alchémille sera fleurie, le duo sera bien accordé.



Le bugle rampant - acheté au début du jardin en "bronze" - s'est ensauvagé sous la forme verte... Excellent couvre-sol, il est facile à contenir et ne s'offusque pas de tailles brutales.


Parfois, l'association des couleurs n'est pas au top... mais l'Iris Rocket sera bientôt défleuri et le géranium mou pourra continuer sa saison.


Vous l'aurez compris, la terre n'est jamais à découvert. Le travail de la jardinière en cette saison consiste surtout à dégager les plantes les plus fragiles, comme les nouveaux rosiers ou les dahlias récemment mis en terre... 

Et vous, tolérez-vous ce chambard dans vos massifs ?


jeudi 30 avril 2020

Histoire d'avril

Un mois d'avril exceptionnel - au jardin comme dans la vie!  Avril est traditionnellement le mois où j'aime bouger, où je sens des ailes me pousser. Mais cette année, la jardinière a été présente tout le mois et a pu profiter tant et plus des floraisons et des promesses...

Promesses que la jolie mésange bleue n'a pas tenues... Après de nombreuses visites, elle a dédaigné le nichoir alors que toute sa fratrie, née au jardin l'année passée je pense, fréquente assidûment le bain d'oiseaux!


Par contre, la pivoine arbustive que j'ai protégée avec des voiles pendant les nuits froides du début du mois m'a offert de belles fleurs, même si un peu petites!


Mais je ne vais pas me plaindre : il est rare qu'elle arrive à fleurir sous mon climat. 

Les arbres ont ont été magnifiques, tant du côté des prunus que des malus... Le joli Lonicera tatarica  était aussi de la fête.


La glycine, à qui j'avais fait subir une taille drastique de rajeunissement a magnifiquement bourgeonné et j'étais très enthousiaste. Le gel a passé, et voilà sa seule fleur, protégée par le garage.  De petites feuilles commencent pourtant à apparaître un peu partout sur le vieux bois... la plante elle-même a donc résisté cette année encore.


Si les bulbes semblent avoir souffert du manque d'eau, les buissons et les arbres n'ont pas fléchi, avec un petit bémol pour les lilas... Le Corête du Japon, placé tout au fond du terrain au nord, a la bonne grâce de fleurir depuis trois semaines. Son confrère à fleurs pleines a pourtant séché en 2019.


La vigne est bien modeste mais je me réjouis de sa belle pousse. Chaque jour, elle est plus vigoureuse.


La Clématite alpina Georg dont j'aime la couleur, m'a déçue par cette première floraison, à 80 cm de hauteur, sur une plante chétive.


Elle a été suivie, une semaine plus tard, par la Clématite montana Rubens, qui part à l'assaut du Malus coccinella.





La  Véronique Petit Chêne dont  le tapis  garnit le pied des Hostas a fleuri en même temps que l'Iris intermédiaire.  Je tiens beaucoup à ce petit iris tout simple, reçu et cultivé par ma mère, et qui a connu, à ma connaissance, cinq jardins au moins, sans compter les fois où il a été multiplié et donné en cadeau. Je tente de le préserver au maximum, car j'y tiens beaucoup.


Le premier rosier à fleurir n'est pas mon préféré,  Rosa spinosissima, porte trop bien son nom. Certes, sa floraison est ravissante, mais année après année, la pluie la ruine irrémédiablement. 


Pendant ce temps, la merlette fait un somme qui semble mérité dans le chêne. Je suppose que son nid est au faîte du genévrier flamme, mais elle est très prudente et ne se montre jamais tout près de son trésor!


Le mois a été fertile en mini-événements au jardin et le confinement a eu le mérite de m'en laisser profiter au maximum. Même si la lassitude s'installe peu à peu, je mesure la chance d'être dans un environnement bienfaisant.


Ce soir, avril tourne la page, et le muguet est prêt  pour le 1er mai!

lundi 27 avril 2020

Tulipes

Sous son air de bonne fille, la tulipe est en fait une capricieuse! Cette année d'ailleurs, elle ne fait que confirmer ce dont je me doutais : elle n'en fait qu'à sa tête, et j'ai été bien déçue par les maigres et courtes floraisons qui ont suivi sans la remplacer l'exubérance des narcisses.

D'abord, les tulipes simples sont très petites. Ici, l'Erythrone est aussi grande que la tulipe  Queen of th Night!


Ensuite, les tulipes perroquets ont oublié de mettre leur jupon frisé... ou alors, l'étiquette devait être fausse. Cette jolie, je le reconnais, m'a été vendue sous le non de Tulipes Perroquet Elsenburg. Certes, elle est rose et blanche, mais la forme n'est pas celle désirée...


Même la voluptueuse T. Akebono qui faisait les beaux jours de la cour est restée petite et sans l'opulence qui me plaisait tant les années précédentes.


Certes, la canicule de l'année passée a pu jouer sur les vieux bulbes, mais sur ceux plantés à l'automne, je ne peux qu'imputer la sécheresse de cet hiver sans grosse neige - et certainement aussi un manque de soin à l'emballage des bulbes!

Des tulipes simples jaunes au milieu des tulipes blanches, et   même cette curieuse à la tige soudée au milieu d'un lot de Tulipes lys Sapporo au blanc éclatant.


C'est vrai, j'ai aussi eu quelques réussites, comme ces merveilleuses Tulipes perroquet Abricot à la très grosse et très longue floraison... et heureusement plantées tout près de la terrasse.


Et d'autres que j'avais plantées plus loin, en point de focale dans le massif sur la route, la Tulipe perroquet Blumex. Un coloris presque criard en cette saison! Difficile à associer, il ne fera plus partie de mes choix.


Pourtant, le rouge ne me déplaît pas dans les tulipes, mais je l'aime un peu plus nuancé, comme ci-dessous, sur une tulipe unique et ancienne, dont j'ai perdu le nom...


Même du côté des valeurs sûres, comme la T. Queen of the Night, dont je fait de nouvelles plantations chaque deux ou trois ans, tant j'aime l'avoir au jardin et dans les bouquets, c'est la déception. Deux sur six, ce n'est pas un très bon score!


De quoi je me plains ? J'en ai des tulipes et encore beaucoup d'autres, mais j'aurais voulu un effet de masse au lieu de ces fleurs épinglées sans grande logique au milieu des massifs...

Vu d'en haut, le jardin m'offre d'autres floraisons... Cette année, l'opulence était là!

Lonicera tatarica Hack's Red, Malus coccinella, Malus Evereste