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samedi 23 mai 2020

Les glorieux

Après les petites fleurs spontanées, c'est le tour de piste des glorieux iris.

Et c'est un spectacle dont je ne me lasse pas! Un concert cacophonique mêlant les coloris au gré des plantations s'étalant sur plusieurs années, car je n'ai pas pu me résoudre à une "bordure" d'iris - bordure si belle à la saison de la floraison, mais bien trop stricte par la suite pour un petit jardin manquant cruellement de massifs. 


Evidemment, ainsi ils mettent plus long à récupérer et les nouveaux hybrides ont de la peine à s'installer, aussi j'en reste aux sortes anciennes.

Les incontournables sont les iris jaune souffre, certainement des iris Rocket, qui fleurissent bon an, mal an.



Les autres coloris sont plus capricieux et ne sont pas régulièrement au rendez-vous, bien qu'ils manquent rarement plus d'une année ou deux!
Comme le délicat I. Lady Allbright


dont la macule mauve fait toute la préciosité.


Chaque iris a un parfum différent, et le soir, ils sont franchement enivrants. L'iris Arpège est presque poivré


alors que ce beau bordeaux indéterminé est plus floral.



Deux variétés anciennes qui me sont chères, l'Iris Alcazar, si typique,


et un bicolore très tape-à-l'oeil que je n'aime pas tant que ça, mais qui m'a été donné. Autrefois, les giroflées l'entouraient, mais l'ombre sous l'arcade des rosiers le laisse esseulé.

Iris Accent
Du côté de la fausse tourbière, les pieds en milieu inondable, l'iris laevigata donne la réplique à


l'iris pseudoacorus.


A la faveur de l'hiver doux, les iris hollandica, plantés en 2014 mais n'ayant jamais fleuri, font une belle apparition !


Et pour la même raison, je peux voir un compagnonnage rare sous mon climat : iris et rose font la paire!

Iris hollandica et rosier Cardinal de Richelieu
Mais les iris vont sur leur fin et pour les roses, ce n'est que le tout début. Je les égrainerai lors d'un prochain article.


mercredi 13 juin 2012

Blanc

Il pleut - vous le savez tous. Il fait froid - vous le savez peut-être moins. Le jardin dégouline et frissonne sous le vent. Mais il va son chemin, avec les fleurs qui courbent la tête, et les autres, celles que le climat semble ne pas atteindre ...
Le blanc est mis au jardin de Gine, et dès la porte franchie, je suis assaillie par le parfum du sureau, qui a bien supporté la taille drastique de janvier.


A son pied,  comme pour lui faire concurrence, tant en couleur qu'en parfum, avec la même profusion, un petit seringa à fleurs simples, qui pousse en broussaille, et que je taille sévèrement après la floraison. Je ne le vois qu'en partie depuis la maison, mais son parfum est si tenace que je ne l'oublie jamais ! Ne connaissant pas son nom exact, je l'appelle "Bazooka", tant il me rappelle le goût écoeurant des énormes chewing-gum roses de mon enfance...


Le Deutzia dégingandé qui faisait haie a besoin d'être recépé, mais offre encore de jolies branches avec ses clochettes frangées qui attirent les abeilles.


D'autres clochettes, plus importantes, illuminent le pommier Everest, tout en feuilles et nouvelles pousses. La Campanule persicifolia se ressème où bon lui semble dans le jardin, et fleurit comme elle l'entend  - tantôt blanche, tantôt bleue.


Les digitales font l'objet de soins attentionnés et je ne les réussis pas toujours ! Souvent la moisissure les atteint et je dois arracher les plantes malades. Cette année, elles sont magnifiques partout dans le jardin, en rose principalement, mais en voici une blanche, très grande.


Le dernier iris blanc a résisté mais commence à montrer quelques signes d'épuisement, alors vite, un dernier portrait:


Les têtes des aulx violets sont cueillies pour en faire des bouquets secs et géométriques, mais les aulx blancs, moins ronds, sont encore en pleine floraison et ajoutent leur note presque argentée à la symphonie blanche.


Les pucerons s'en donnent à coeur joie sur les pousses des rosiers, des campanules et des camomilles. Ils ne semblent pas vouloir reculer devant les douches froides de la pluie ou les doigts gantés de la jardinière.
Pour les impressionner, j'ai décidé d'installer une fée au jardin, pour que de ses yeux bleus, elle les foudroie...


Cette fée ironique régnait sur les gravats à la déchetterie ce matin... J'ai été touchée par sa grâce début de siècle. Je vais lui trouver un trône où elle pourra discrètement veiller et protéger le petit monde du jardin, celui des insectes et des plantules.

vendredi 8 juin 2012

Contrastes et autres petites spécialités

Je vais aujourd'hui vous présenter un compagnon de plus de 35 ans, le Dianthus plumarius plenum album, de sont petit nom "oeillet de grand-mère".


Ce compagnonnage a commencé dans mon premier jardin personnel. Il était au jardin d'une maison 1900, où nous avions la chance de louer un appartement à bas prix qui comprenait un petit lopin à l'abandon depuis plusieurs années, mais où quelques plantes, muguets, pivoines et ces oeillets en touffes disparates, continuaient de fleurir. Son parfum est enchanteur, et je me suis empêchée de sauver ce gracieux, sous les quolibets des voisins amis : l'oeillet était alors vraiment taxé de "vieille" fleur ringarde. Il a si bien repris, que j'en ai distribué à droite, à gauche, et surtout à ma mère, qui l'a conservé dans son jardin urbain pendant mes séjours à l'étranger.
A mon retour, je l'ai mis dans une potée sur le balcon, où il a fait florès, et ensuite dans mon jardin actuel. Il est en perte de vitesse chaque deux ou trois ans, mais je le marcotte fiévreusement, ne voulant rien perdre de sa fragrance et de sa grâce.


Il fleurit en même temps que la Clématite Le Président, et le contraste est là : tout les oppose, et si je chéris cet oeillet porteur de tant de souvenirs, j'admire cette capricieuse clématite qui n'a bien voulu fleurir chez moi que depuis quelques années.


L'oeillet est petit, près du sol, très parfumé, et supporte très mal la pluie. Le Président est énorme (un empan pour cette fleur), il s'élève au dessus de la mêlée, sans aucune odeur et les averses ne lui font pas peur. Et pourtant, l'un comme l'autre, ils focalisent les regards en cette saison.

Pour les plantes plus rares - en tout cas dans ma région - j'ai ramené de Berchigranges, en 2010, deux vivaces sans prétentions, mais avec un petit plus, qui les distingue de la plante mère qui se plaît dans mon jardin.
Le Silène fimbriata, cousin du Compagnon blanc qui colonise parfois mes plate-bandes, a pris de si belles proportions que je vais devoir le déplacer à l'arrière du massif, où il sera plus à l'ombre, ce qui devrait mieux lui convenir.


L'Asperule hirta forme déjà un grand coussin à l'arrière du Coeur de Marie et  illumine un coin un peu triste et difficile d'accès...


Je les aime parce qu'ils se sont bien acclimatés chez moi, qu'ils sont blancs et surtout, parce que je garde un souvenir impérissable, une émotion très forte de mon passage à Berchigranges et de la gentillesse des propriétaires.. Si vous ne pouvez le visiter, allez voir le site : cela vous fera envie de faire le déplacement ou de le programmer! En route pour Berchigranges

Et enfin, un petit cadeau bisannuel : le Pigamon (Thalictrum aequilegiifolium), qui fleurit dans mon coin marais, au-dessus de la mêlée des astilbes.


Pour terminer, un caprice que je m'offre depuis plusieurs années : le Cosmos chocolat (Cosmos atrosanguineus) qui se plaît en potée sur ma terrasse plein sud et attire de nombreux papillons et insectes. Je ne résiste pas non plus à respirer tout près de son coeur : douceur vanillée.


Toutes ces photos ont été prises avant les grosses averses de cette nuit et de ce matin... J'espère ne pas devoir renoncer à mon bouquet annuel d'oeillets blancs qui parfume ma maison, jusqu'à la migraine !



lundi 15 août 2011

Lys

Longtemps, je les ai boudés, les lys ! Mes premiers échecs m'en avaient un peu dégoûtée, et j'étais partie de l'idée que ma terre était trop lourde, et que même les apports de sable n'avaient pas servi ... J'avais abandonné ... Il faut dire que le prix des bulbes était suffisamment dissuasif !
Au hasard d'une vente de fin de saison, en octobre,  j'ai acquis quelques bulbes de lys "orientaux" qui n'étaient pas en si mauvais état et je les ai plantés un peu à la va comme je te pousse, sans sable, assez profond pour qu'ils ne gèlent pas. Et voilà que ces faux capricieux ont bien supporté d'être un peu bousculés et qu'ils ont fleuri, abondamment. Depuis, je répète le processus chaque année et les anciens bulbes refleurissent, eux aussi !
Avant que leur saison ne se termine sous les assauts de la pluie, voici quelques photos de cette année
En place depuis trois ans, c'est le premier à s'ouvrir, la première photo date du 23 juin ... il a supporté la grosse chaleur, comme la pluie et les orages et il a fleuri sans discontinuer ...



Appelé le Géant rose, parce qu'il n'a pas de nom officiel, à part l'adjectif  "oriental",  celui-là grimpe à l'assaut du lilas et mesure deux mètres au moins, année après année




Ce lys jaune, acheté pour "crème", a été déplacé à plusieurs reprises, au gré de mes nettoyages. Il fleurit d'un jaune qui ne me plaît pas vraiment ... mais il reste au jardin de Gine parce qu'elle admire sa détermination à fleurir, advienne que pourra, depuis plusieurs années dans des endroits inattendus ...

Les nouveaux, achetés en mélange en septembre 2010, ont des couleurs plus assorties à mon jardin

Comment ne pas admirer la chair du lys ?


Ce dernier, blanc immaculé, a été associé à la carotte sauvage que j'aime bien "cultiver" pour la légèreté de ses ombelles qui agrémentent mes bouquets et allège la truculence des grosses fleurs. Ce lys blanc en a profité pour s'y vautrer, non sans grâce !

Ne me suis-je pas plainte ici des fleurs sans parfum ? Et bien, me voilà servie ! Tellement servie, que j'hésite à en faire des bouquets, les effluves des lys semblant incommoder tout le monde sauf moi : j'aime cette odeur, un peu amère, collante à l'arrière gorge comme un vin noir, avec une note de jasmin lourde ...

jeudi 21 juillet 2011

Parfums du printemps

La couleur, la forme et ... le parfum ! C'est ce que je demande à la fleur que j'accueille au jardin. J'aimerai  pouvoir  vous faire respirer le parfum de mes fleurs, par écran interposé ! Mais, peut-être que pour vous aussi  la vision de la fleur vous remémore instantanément son parfum ? Alors, suivez-moi, de février à mai ...

La viorne rose (Viburnum bodnantense) est la championne des parfums hivernaux. Même sous un capuchon de neige, dès que le soleil l'atteint, elle répand son odeur, discrète dans le froid, mais c'est comme une promesse des effluves qu'elle libère au printemps ...

L'helléborde fétide (Helleborus foetidus) ou pied de griffon est une invitée surprise. Si sa fleur m'émeut par sa délicatesse, son odeur ne me séduit pas vraiment. Mais, avec obstination, elle se ressème, amenée par quelque oiseau, et elle est devenue indissociable de mes travaux de printemps !

Le parfum du muguet (Convallaria majalis) est très discret dans le jardin, il faut se pencher bien bas pour découvrir sa senteur capiteuse,  mais en vase, il embaume la maison.

Ensuite, c'est le déferlement, parfums violets, parfums blancs, comme si dans la chaleur naissante des après-midi, chaque fleur rivalisait pour imposer son odeur et attirer le plus grand nombre d'insectes :

 Fleur de pommier (Malus Evereste), avec une pointe de fraîcheur, bon enfant, comme du rose aux joues 

 Violence du lilas (Syringa vulgaris) atténuée d'une traîne de mélancolie le soir tombant

Arrogance du magnolia (Magnolia stellata) au parfum capiteux, telle une femme fatale 

 La glycine (Wisteria sinensis) a une fragrance plus fraîche, mais son opulence compense cette discrétion, et dès que le soleil l'effleure, son parfum se répand loin à la ronde.

La viorne à grosse tête (Viburnum x carlcephalum) commence à fleurir abondamment après trois ans. Elle est plantée près de l'escalier et c'est un cadeau de pouvoir humer son parfum poivré à chaque passage.

Viennent ensuite les roses, les lys, les grandes parfumées ... mais au printemps, mon nez qui a été privé pendant l'hiver des senteurs de la nature qui sommeille, apprécie toutes ses odeurs de bonheur !