samedi 10 novembre 2018

Cinq roses en novembre

Les bulbes sont plantés, les nouveaux massifs sont presque prêts : encore quelques pensées à disperser de ci de là, afin d'éviter un sol nu trop attirant pour les félins du quartier... Le jardin subit la couverture des feuilles épaisses du chêne qui se secoue au gré des pluies et des bourrasques.
Toutes ne sont pas tombées, mais le plus gros est fait... j'aime leur texture qui me fait penser à un cuir fauve!


Je rentre les potées des petits arbres qui passeront l'hiver hors gel, dans la maison des plantes, et je vais conserver le Liseron de Mauritanie et pourquoi pas, un fuchsia. Ces essais d'hivernage ne sont pas souvent couronnées de succès, mais qui ne tente rien....

Et cinq rosiers fleurissent encore,  peu pressés de renoncer à parader, malgré lar petite taille des fleurs - et pour se faire pardonner peut-être de leur maigre floraison cette année!

Polka après son bouton orange a fleuri en jaune pâle pour terminer en rose abricot...


Pink Grootendorst est un peu dégingandé, mais je lui pardonne maintenant que je sais que les rosiers rugosa n'aiment pas tant que ça le calcaire...


Lilian Austin est bonne fille et si je n'ai pas eu de larges corolles cette année, ses petites fleurs n'ont pas manqué de charme.


Enfin, Abraham Darby, mon premier rosier anglais, a peu fleuri, mais il a fait deux nouvelles pousses bien vigoureuses!


Et toujours en fleurs, et encore avec des boutons, Emera, l'inoxydable, est  toujours bien présent!


Les roses de novembre subissent des nuits très fraîches, et cela leur donne du rose aux joues, leurs teintes en sont toutes ravivées.

Le chant du cygne, c'est vrai, mais que de charme encore!



dimanche 28 octobre 2018

Fin de la belle saison

Après quelque 25 jours secs, il a plu hier - en abondance! Un vrai jour de novembre... Mais auparavant, j'avais eu le temps de planter les bulbes, de mettre en place les hostas qui attendaient la fin des travaux et de tirer quelques photos...


Vous voyez le problème? Moi je ne vois que ça : le robot qui trône dans ma belle allée alors que j'avais prévu qu'il soit caché par un érable japonais bien touffu!!! Il en va ainsi des aléas des travaux : lorsqu'on doit changer de plan pour des raisons techniques - en l'occurrence un passage trop étroit pour le robot - le résultat n'est pas celui que l'on pensait! Bon, j'ai déjà trouvé une petite cloison légère en lattes croisées qui masquera le monstre! Et lorsque l'Acer negundo que l'on devine à peine ici aura remis des feuilles, ce sera moins évident - j'y crois!

J'ai planté entre les Erables japonais, les hostas et toute une série de petits narcisses blancs, comme prévus. J'attends beaucoup de cette association qui devrait éclairer ce passage à l'ombre plus de la moitié de la journée!


Vous voyez que le chêne perd déjà ses feuilles et le ramassage a commencé... Du plaisir quand la feuille est sèche, mais maintenant...

Les rosiers, quelques dahlias et vivaces animent encore les massifs. A l'entrée, je compte encore sur le rosier Emera qui a mis des couleurs très toniques avec les froids nocturnes! Un rosier à massif que beaucoup dédaignent, mais que je trouve très "reposant" : toujours de bonne humeur, toujours en fleurs, vert très longtemps... que des qualités!


Evidemment, Clair Matin est bien plus raffiné... mais tellement capricieux chez moi! Une floraison avec de longues stases, des feuilles toujours malades... Il ne grimpera désormais plus, je vais le maintenir en buisson - c'est sa dernière chance...


Les dahlias n'ont pas été à la hauteur : il ne suffit pas de les planter et d'aller ensuite se promener ailleurs. Les escargots et autres limaces s'en sont régalés, et ils ont eu bien de la peine à redémarrer. Il leur manque encore deux ou trois semaines pour éclore tous leurs boutons - et ils sont chétifs! Evelyne qui est normalement une force de la nature m'a fait deux petites fleurs... Adieu les gros bouquets que j'affectionne!


Les capucines ont adoré cet été si long et si chaud... Enfin de retour dans mon jardin, et en fleurs avant le froid.


Quant au géranium Rozanne, il ne dément sa réputation... Toujours prêt à fleurir et à l'assaut de n'importe quelle tuteur. J'avoue que je le trouve assez dépenaillé et de mauvaise tenue, mais la couleur de sa fleur... ici à l'assaut du Magnolia stellata.


L'Impatiens de Nouvelle Guinée a flétri au premier froid, et je l'ai remplacée par un chrysanthème qui a presque le même ton rose froid... J'aime beaucoup cette scène sous le chêne!


Les potées sur la terrasse ont été assez négligées pendant tous ces chamboulements, mais je ne résiste pas à vous montrer les épis de ce Pennisetum rouge qui a enchanté tout mon été...


C'est le chant du cygne... Pendant que j'écris ces quelques lignes, les premiers flocons tombent! Certes, il "neige de rage" comme on dit chez nous quand ce n'est pas très sérieux, mais c'est bien la fin...

mardi 16 octobre 2018

Travaux d'automne

Le jardin fait peau neuve : le renouvellement du gazon et le comblement du petit bassin devenu trop difficile à entretenir pour nous étaient prévus en septembre... sauf que tout a pris du retard. Heureusement, le temps si doux pour la saison nous a été favorable!
Pendant les deux dernières semaines de septembre, nous avons vécu comme si la canicule avait séché notre herbe et j'étais impatiente de voir les travaux débuter.


Et enfin, tout s'est enchaîné. Le terrain a été décapé, les poutres de l'ancien massif de bambou enlevées, et le Philadelphus sans odeur et le Picea glauca conica arrachés sans regret....


L'aventure commençait, car si dans ma tête tout se met assez vite en place, ce n'était pas encore acquis auprès du paysagiste qui voyait pas vraiment ce que je voulais, bien qu'il soit toujours à l'écoute et qu'il soit prêt à remettre en question le projet initial... 

Pour la plus grande joie de tous les chats du quartier, le sol a été nivelé, joliment ratissé, pour être prêt à accueillir les rouleaux de gazon. 


Il a fallu imaginer un espace pour que le robot tondeur puisse tourner sur lui-même, sortir de son futur garage et surtout chevaucher la dalle pour éviter d'avoir à faire du coupe-bordure.

Le gazon a été installé - c'était presque magique de voir se dérouler ces bandes pour former un tapis épais et bien doux au pied.


En une demi-journée, le jardin était vert!


Mais le projet qui me tenait le plus à coeur - et me tenait éveillée la nuit - c'était la création d'une fontaine en lieu et place du bassin... Nous avions récupéré il y a une dizaine d'années des colonnes en marbre pour en faire des trépieds pour nos bonsais. Ils avaient servi dans une jardinerie pour une fontaine de démonstration... Je voulais les utiliser pour faire ruisseler l'eau sur leurs cannelures et nous avons récupéré aussi le vieux bac encore étanche pour imaginer une fontaine moderne et le plus naturelle possible.


Des galets au fond du bassin et deux briques pour soutenir la grille, les trois colonnes avec leur canal interne fixé au silicone, une trappe pour atteindre et nettoyer la pompe à trois vannes. Tout a fonctionné comme prévu!


Des galets variés d'un beau calibre qui débordent légèrement sur l'ancien cadre dallé du bassin... Je suis ravie!

Un petit avant-après, juste pour la nostalgie et pour le plaisir...



Seule Seita est complètement démoralisée par ces cailloux bien trop instables pour ses coussinets... elle n'ose pas s'approcher des colonnes et sa peur légendaire d'être mouillée lui permet de bouder, même si elle est fort intriguée!




jeudi 4 octobre 2018

La vague mauve

Mauve, c'est le ton de la saison! Les Asters dominent le jardin.
Comme vous tous, je ne me lasse pas de ces étoiles si généreuses... et si envahissantes.  Chaque année, avant qu'elles ne fleurissent, je me dis que ce n'est plus possible, que je vais tourner le terrain pour ne garder que quelques plans.



Mais quand elles s'ouvrent,  les étoiles me séduisent et je me demande comment j'avais pu penser les supprimer! Elles se faufilent partout, étouffant des plantes moins solides ou moins bien installées, profitant de n'importe quelle opportunité pour lancer leurs racines à l'assaut du terrain, créant à l'occasion de jolies associations.


Qu'ils soient grands et sans nom, comme celui-ci, ou plus courts et buissonnants comme l'Aster Saffire, ils prennent leur place.

Aster dumosus Saffire
Ces deux là écrasent tout, et j'ai bien de la peine à garder des Asters blancs qui me plaisent tant, ou carrément roses. Ils végètent, même si je les ai plantés bien éloignés de leurs cousins vagabonds...
Citons quand même un géant, résistant, mais ne supportant guère le déplacement qui est au jardin depuis 1998... Malheureusement, sa floraison est très étagée et ses fleurons sont toujours abîmés par des fleurs fanées qui brunissent rapidement...

Aster novi-angliae September Rubin
De couleur plus affirmée, le Cuphea viscosissima se resème tout seul dans le coin le plus chaud du jardin: le carré d'herbes aromatiques.  Ailleurs, il a beaucoup de peine à fleurir avant les nuits froides de l'automne, mais dans le micro-climat voulu pour mes épices, il prolifère, à la plus grande joie des papillons Moro-sphynx qui n'ont de cesse de visiter chaque calice.


Et en magenta aussi,  la magnifique en robe de bal, portée haut sur une tige défeuillée par la maladie qui a touché tous mes rosiers - ou presque!

Rose Rhapsody in Blue
Cette année, les arbres fruitiers regorgent de fruits, et Evereste, tout décoratif qu'il est, rappelle sa nature de vrai pommier :


Toute la campagne alentour nourrit les oiseaux et je peux profiter comme jamais des fructifications des buissons qui d'ordinaire sont pillés avant même que leurs fruits prennent la teinte de leur maturité

Fusain Bonnet d'Evèque

Viorne opulus
Et comme le printemps a été clément, je pourrai vendanger mon pied de vigne avant la fin de la semaine.


Encore un autre travail-plaisir m'attend - avant le début toujours espéré du remaniement du jardin -  la plantation des bulbes de printemps. J'ai essayé de ne pas craquer et de me cantonner à l'in-dis-pen-sa-ble!!!



jeudi 13 septembre 2018

Fin d'été

C'est un temps propice à la douceur et à la nostalgie, malgré des après-midi encore chauds où il fait bon profiter de l'ombre du chêne! Pourtant, les fleurs, particulièrement les roses, ont payé un lourd tribu à la canicule...
Mais, ironie du sort, le rosier "La Fraîcheur", non-remontant, qui avait donné le meilleur de lui-même en juin, a fleuri début septembre : un cadeau!


Les "décorosiers" n'ont pas failli à leur réputation et ont fleuri sans souffrir... Calizia est encore tout frais...


Pour tous les autres, je suis assez déçue: je les avais soignés avec une attention particulière depuis l'automne passé, mais j'ai été bien mal récompensée: beaucoup de marsonia, peu de remontées, et des fleurs petites!
La canicule m'a fait une surprise: pour la première fois, l'Argiope frelon s'est installée  et j'ai pu l'admirer pendant plusieurs jours avant qu'elle ne disparaisse, sans que je sache si un oiseau en avait fait son repas ou si elle avait mieux à faire ailleurs!


La clématite Mrs Robert Byrdon a pris le relais des clématites à grandes fleurs et elle anime la haie défigurée par le "jardinier" de la voisine! Un peu de baume au coeur...


Au nord, c'est l'Heptacodium qui fait la floraison de la haie... Toujours aussi attirant pour les abeilles, syrphes, bourdons et autres zonzonnants!


Et les fruits prennent de la couleur, prémices de l'automne... Je ne me lasse pas de l'envahissant Physallis même si je bataille pour le garder dans des limites raisonnables!


Le pommier Evereste comme tous les fruitiers de la région - cultivés ou sauvages -  ploie sous les fruits...


Un peu de nostalgie, c'est vrai, mais surtout de la belle occupation au jardin puisque je prépare les travaux de réaménagement du bassin en fontaine et du nouvel engazonnement.  J'ai prélevé les iris d'eau pour les sauvegarder dans mon petit marais qui n'est pas condamné, sauvé les vivaces qui s'étaient resemées sous mon bambou arraché à la fin du printemps, déplacé les pots et les cailloux - nombreux - qui risquaient de gêner la mise en place du robot tondeur ... et j'attends les ouvriers! La jardin va être chamboulé pendant un mois, et j'aurais interdiction de piétiner la nouvelle pelouse jusqu'à l'hiver, je pense.


Mon prochain billet risque d'être un peu plus technique... mais les dahlias commencent à peine à fleurir - peut-être aurais-je encore de la couleur à vous montrer!


samedi 25 août 2018

Quelques touches de blanc

Cinq blancs au jardin! C'est le défi de Marie-Claude pour son club des cinq.  "Je n'y arriverai pas!" c'est ce que j'ai pensé. Puis j'ai décidé d'aller voir de plus près!
Pas de grands massifs, mais juste des touches...
Les lavatères Mont-Blanc ont fait honneur à leur réputation de grande résistance : semées en place avant mon départ, elles ont poussé toute seules, trop serrées, un peu étouffées sous les feuilles des dahlias, et elles ont tout supporté de cet été, canicule et orages, sans broncher!


La remontée du rosier Crystal Fairy,  toujours charmant, illumine l'ombre du Cotinus.



Le petit phlox paniculata est joli, même s'il ne fait que peu de fleurs... Après avoir vu dans vos jardins de merveilleux massifs de phlox blancs, je veux en planter pour renouveler mes plantations roses et mauves.


J'ai un faible pour les bégonias semperflorens, plantes de grand-mère! Ceux que je préfère. sont ceux à feuilles bronze . Sous les buissons, en potées pour résister aux escargots et autres limaces, ils sont fleuris depuis plusieurs mois.


Et je finirai par une sauvageonne qui s'est installée au jardin pour mon plus grand plaisir : la carotte sauvage. Je la laisse venir en graine pour en parsemer mes massifs : elle me console de mes échecs avec d'autres ombellifères, comme Ammi majus.


Voilà! J'ai rempli le contrat, avec plaisir! Le blanc apporte une petite note raffinée dans les massifs et je l'aime particulièrement à l'heure bleue, quand il reste le dernier à illuminer le jardin.


jeudi 16 août 2018

Histoire du bambou

La nature a horreur du vide! Combien de fois n'en ai-je pas eu la preuve? Dans ma terre, l'égopode est roi et ne laisse aucune chance à qui voudrait voir de la terre nue! Mais cette fois, c'est une meilleure surprise : 
Vous vous rappelez que j'ai fait arracher mon bambou... En attendant les travaux prévus en septembre, j'ai disposé quelques pots d'érables japonais à l'ombre des grands buissons et sur quelques plaques de béton, des rosiers faiblards qui passent leur convalescence en pot. 
C'était un peu nu, je vous l'accorde, mais très rapidement, des herbes ont germé et j'ai tout de suite repéré le feuillage glauque des pavots somniferum. Ils étaient si petits que je n'étais pas sûre de les voir fleurir avant les travaux... 
Je n'ai jamais eu de pavots sous les bambous, mais la graine est voyageuse et les voilà aussi beaux que si je les avais consciencieusement semés...


La canicule et des arrosages réguliers les ont aidé à grandir rapidement, je pense. Des pavots au mois d'août? Une première!

Je me suis accordé quelques instants de nostalgie et j'ai repris mes vieilles photos de ce bambou tant aimé qui m'a accompagné pendant une vingtaine d'années. Il m'a donné beaucoup de mal, entre tailles, cerclages et gels consécutifs, il m'a aussi coûté cher - de l'achat à l'arrachage - mais il m'a comblée de bonheur!

2001 - déjà haut, mais pas encore cerclé
2002 Après les travaux de cerclage - le bouleau est encore là!

2004 - le bouleau a été arraché, le givre enjolive le  tout

2007, tout est encore sous contrôle, mais le bambou prend de l'ampleur

2008, Neige d'octobre

2009, Neige de mars
2011, décembre
2012 - en mars le bambou est jauni par le gel!
2012, en mai, tout a été taillé et le bambou repart...





























2014, les grandes cannes prennent de la hauteur

2015 Du vert en hiver - ce qui va me manquer!

2016 après la taille des branches latérales 
Et du plaisir, jusqu'au gel de trop cet hiver 2017-2018! Trop de travail pour le recépage et encore énormément de feuilles mortes, de ces feuilles pointues qui se plantent entre les vivaces et qu'il faut débarrasser à la main... C'est sans regret et sans amertume que j'ai renoncé à la présence d'un bambou au jardin parce que j'ai bien su en profiter, l'admirant chaque jour!

Seita, qui aimait tant se camoufler dans son ombre, sera la seule à le regretter!