jeudi 13 septembre 2018

Fin d'été

C'est un temps propice à la douceur et à la nostalgie, malgré des après-midi encore chauds où il fait bon profiter de l'ombre du chêne! Pourtant, les fleurs, particulièrement les roses, ont payé un lourd tribu à la canicule...
Mais, ironie du sort, le rosier "La Fraîcheur", non-remontant, qui avait donné le meilleur de lui-même en juin, a fleuri début septembre : un cadeau!


Les "décorosiers" n'ont pas failli à leur réputation et ont fleuri sans souffrir... Calizia est encore tout frais...


Pour tous les autres, je suis assez déçue: je les avais soignés avec une attention particulière depuis l'automne passé, mais j'ai été bien mal récompensée: beaucoup de marsonia, peu de remontées, et des fleurs petites!
La canicule m'a fait une surprise: pour la première fois, l'Argiope frelon s'est installée  et j'ai pu l'admirer pendant plusieurs jours avant qu'elle ne disparaisse, sans que je sache si un oiseau en avait fait son repas ou si elle avait mieux à faire ailleurs!


La clématite Mrs Robert Byrdon a pris le relais des clématites à grandes fleurs et elle anime la haie défigurée par le "jardinier" de la voisine! Un peu de baume au coeur...


Au nord, c'est l'Heptacodium qui fait la floraison de la haie... Toujours aussi attirant pour les abeilles, syrphes, bourdons et autres zonzonnants!


Et les fruits prennent de la couleur, prémices de l'automne... Je ne me lasse pas de l'envahissant Physallis même si je bataille pour le garder dans des limites raisonnables!


Le pommier Evereste comme tous les fruitiers de la région - cultivés ou sauvages -  ploie sous les fruits...


Un peu de nostalgie, c'est vrai, mais surtout de la belle occupation au jardin puisque je prépare les travaux de réaménagement du bassin en fontaine et du nouvel engazonnement.  J'ai prélevé les iris d'eau pour les sauvegarder dans mon petit marais qui n'est pas condamné, sauvé les vivaces qui s'étaient resemées sous mon bambou arraché à la fin du printemps, déplacé les pots et les cailloux - nombreux - qui risquaient de gêner la mise en place du robot tondeur ... et j'attends les ouvriers! La jardin va être chamboulé pendant un mois, et j'aurais interdiction de piétiner la nouvelle pelouse jusqu'à l'hiver, je pense.


Mon prochain billet risque d'être un peu plus technique... mais les dahlias commencent à peine à fleurir - peut-être aurais-je encore de la couleur à vous montrer!


samedi 25 août 2018

Quelques touches de blanc

Cinq blancs au jardin! C'est le défi de Marie-Claude pour son club des cinq.  "Je n'y arriverai pas!" c'est ce que j'ai pensé. Puis j'ai décidé d'aller voir de plus près!
Pas de grands massifs, mais juste des touches...
Les lavatères Mont-Blanc ont fait honneur à leur réputation de grande résistance : semées en place avant mon départ, elles ont poussé toute seules, trop serrées, un peu étouffées sous les feuilles des dahlias, et elles ont tout supporté de cet été, canicule et orages, sans broncher!


La remontée du rosier Crystal Fairy,  toujours charmant, illumine l'ombre du Cotinus.



Le petit phlox paniculata est joli, même s'il ne fait que peu de fleurs... Après avoir vu dans vos jardins de merveilleux massifs de phlox blancs, je veux en planter pour renouveler mes plantations roses et mauves.


J'ai un faible pour les bégonias semperflorens, plantes de grand-mère! Ceux que je préfère. sont ceux à feuilles bronze . Sous les buissons, en potées pour résister aux escargots et autres limaces, ils sont fleuris depuis plusieurs mois.


Et je finirai par une sauvageonne qui s'est installée au jardin pour mon plus grand plaisir : la carotte sauvage. Je la laisse venir en graine pour en parsemer mes massifs : elle me console de mes échecs avec d'autres ombellifères, comme Ammi majus.


Voilà! J'ai rempli le contrat, avec plaisir! Le blanc apporte une petite note raffinée dans les massifs et je l'aime particulièrement à l'heure bleue, quand il reste le dernier à illuminer le jardin.


jeudi 16 août 2018

Histoire du bambou

La nature a horreur du vide! Combien de fois n'en ai-je pas eu la preuve? Dans ma terre, l'égopode est roi et ne laisse aucune chance à qui voudrait voir de la terre nue! Mais cette fois, c'est une meilleure surprise : 
Vous vous rappelez que j'ai fait arracher mon bambou... En attendant les travaux prévus en septembre, j'ai disposé quelques pots d'érables japonais à l'ombre des grands buissons et sur quelques plaques de béton, des rosiers faiblards qui passent leur convalescence en pot. 
C'était un peu nu, je vous l'accorde, mais très rapidement, des herbes ont germé et j'ai tout de suite repéré le feuillage glauque des pavots somniferum. Ils étaient si petits que je n'étais pas sûre de les voir fleurir avant les travaux... 
Je n'ai jamais eu de pavots sous les bambous, mais la graine est voyageuse et les voilà aussi beaux que si je les avais consciencieusement semés...


La canicule et des arrosages réguliers les ont aidé à grandir rapidement, je pense. Des pavots au mois d'août? Une première!

Je me suis accordé quelques instants de nostalgie et j'ai repris mes vieilles photos de ce bambou tant aimé qui m'a accompagné pendant une vingtaine d'années. Il m'a donné beaucoup de mal, entre tailles, cerclages et gels consécutifs, il m'a aussi coûté cher - de l'achat à l'arrachage - mais il m'a comblée de bonheur!

2001 - déjà haut, mais pas encore cerclé
2002 Après les travaux de cerclage - le bouleau est encore là!

2004 - le bouleau a été arraché, le givre enjolive le  tout

2007, tout est encore sous contrôle, mais le bambou prend de l'ampleur

2008, Neige d'octobre

2009, Neige de mars
2011, décembre
2012 - en mars le bambou est jauni par le gel!
2012, en mai, tout a été taillé et le bambou repart...





























2014, les grandes cannes prennent de la hauteur

2015 Du vert en hiver - ce qui va me manquer!

2016 après la taille des branches latérales 
Et du plaisir, jusqu'au gel de trop cet hiver 2017-2018! Trop de travail pour le recépage et encore énormément de feuilles mortes, de ces feuilles pointues qui se plantent entre les vivaces et qu'il faut débarrasser à la main... C'est sans regret et sans amertume que j'ai renoncé à la présence d'un bambou au jardin parce que j'ai bien su en profiter, l'admirant chaque jour!

Seita, qui aimait tant se camoufler dans son ombre, sera la seule à le regretter!




lundi 30 juillet 2018

Bestiaire

J'ai toujours très peu traité les plantes du jardin... par flemme d'abord, puis par conviction ensuite. Depuis un peu plus de trois ans, le jardin n'a subi aucun traitement...  sauf une giclée très ponctuelle à l'intérieur de mes deux boules de buis.
Qu'en dire? Je n'ai pas plus de pucerons, pas plus de chenilles, mais beaucoup de marsiona sur les rosiers depuis deux ans, alors qu'avant je n'en avais jamais! Mais, est-ce que les insectes en ont vraiment profité? je n'en suis pas sûre!
Bien sûr, ça bourdonne tant et plus, il y a beaucoup d'abeilles sauvages, de syrphes, d'abeilles domestiques et autres bourdons terrestres - mais pas plus qu'auparavant! Par contre, je n'ai vu qu'une seule et unique coccinelle... alors qu'autrefois, le jardin en regorgeait. J'ai laissé les tiges des grandes vivaces pendant l'hiver - pas très gracieux après la neige - j'ai évité de ratisser toutes les feuilles, mais non, ce n'est pas le jardin d'Eden!
Et les papillons ? Très peu de chenilles, je l'ai dit - et très peu donc de papillons...
Les piérides sont les seuls que je vois tous les jours depuis le printemps.


Avec la chaleur, un paon du jour, puis un macaon ont passé sans demander leur reste ignorant buddleia, echinacée et echinops... Puis est venu Le Cardinal qui a bien apprécié lui le coussin de fakir et y a trouvé à butiner pendant de longues heures.

Argynis pandora
Et l'origan a fini par attirer le Tristan..

Aphantopus hyperantus
L'écaille martre a passé dans un éclair rouge, et les vanesses ne sont pas encore là! Par contre, le Moro sphynx visite quotidiennement les lantaniers en potée, les buddleia, et les phlox!

Macroglossum stellatarum
Les punaises ont déserté... Quelques vertes, aucun bébé... quelques gendarmes aussi et quelques belles rayées, les punaises arlequins sur les tiges de l'Anthriscus... Ah oui, des criocères du lys en pagaille!!!
Des bijoux, des petits princes en gilet mordoré, il  y en a quelques uns... la cétoine bien connue, avec des bébés aussi - tout un vol très affairé pendant quelques jours...

Cetonia aurata
Un autre Cardinal,  fait de la balançoire après la pluie...

Pyrochroa coccinea
Et dans Polka, la rose généreuse, c'est l'Agryle bleuâtre  qui prend son bain de lumière

Agrylus cianescens
alors que la Guêpe maçonne s'y abreuve...

Ancistrocerus
Je n'avais encore jamais identifié ce joli pyjama... c'est l'Halicte qui se plaît dans la fougère alors que tout est fleuri alentour.
Halictus sp
Les Echinacées sont de précieuses alliées et vu les provisions faites par cette abeille elles doivent être généreuses en pollen.

Abeille indéterminée
Seita n'a cure de ce ballet autour d'elle, à peine parfois un frémissement d'oreilles devant l'insistance d'une mouche agaçante...


Ca bourdonne, ça zonzonne, c'est vrai, et on pourrait croire que rien n'a changé! Pourtant, les hôtels à insectes si fréquentés autrefois sont vides... Il va falloir les déplacer, les dégager de la végétation et espérer!
Et chez vous, avez-vous constaté une baisse de fréquentation des insectes ?


dimanche 22 juillet 2018

Des clématites...

Parlons-en, de ces belles capricieuses qui font l'opulence des jardins tempérés et à la terre légère... Dans ma grosse terre agricole souvent humide, il a fallu longtemps pour que mes soins tels que les amendements de terreau léger et la  protection des racines fassent leur effet. J'avais jeté l'éponge avec les clématites!

Puis, une belle aux yeux velours m'a alpaguée au détour d'une jardinerie... impossible de lui résister, et en plus pour quelques sous seulement! Elle durerait au moins le temps d'un bouquet de fleurs!

Clématite Le Président
Mais elle s'est bien plu et a décidé de coloniser le rosier Shogun qui fleurit bien au-dessus d'elle. Elle ne l'a plus quitté depuis...  et j'ai profité de ce succès pour lui donner pour compagne une autre capiteuse, la toute belle de Varsovie

Clématite Wasrsavska Nike - ou Victoire de Varsovie
Et depuis, je n'ai pas arrêté! Je les acquiers très peu cher, ayant fait la mauvaise expérience de les prendre chez différents jardiniers pour les voir crever sans passer la saison. Les meilleurs marchés ne sont pas moins solides. Il s'agit bien sûr de tomber pile au moment de l'arrivage pour ne pas leur laisser le temps de subir longtemps les mauvais traitements dus au compactage du transport et à l'arrosage sur les fleurs en plein soleil.

Les Clématites viticella sont plus faciles à vivre, et je ne me lasse pas d'Arabella, ou encore de Blue Angel, longues floraisons et étoiles bleues...

C. Arabella
C. Blue Angel

Bien sûr, toutes ne se portent pas aussi bien malgré mon amour pour leurs formes et leurs couleurs. La géante au coeur si fourni a été bien malingre - cette photo date de 2017!

C. Empress
 et sa compagne la C. Avant-Garde (vendue pour C. Ville de Lyon) a souffert du vent, la gloriette a été emportée par le vent à deux reprises! Je lui promets de meilleurs soins pour l'année prochaine!

C. Avant-Garde
Je vous l'avoue, en tant que néophyte, j'ai fait beaucoup d'erreurs, essayant plusieurs méthodes de plantation, me renseignant trop tard parfois sur les tailles adaptées à chaque sorte, etc... C'est toujours empirique, mais je m'améliore, du moins je l'espère!
Au chapitre des regrets éternels, les quatre ci-dessous ont fait un petit passage à peine remarqué, sauf la Clématite Piilu que j'ai achetée plusieurs fois, mais qui a séché lamentablement cet été sans même fleurir!

C. Piilu, C. Asha
C. Dorothy Walton, C. Julia Correvon
Les clématites blanches ont elles été cruellement absentes... Le gel et la sécheresse hivernale en ont eu raison. Miss Bateman est assez courante, je vais la retrouver, mais les trois autres sont plus rares et je regretterai surtout la splendide Snow Queen, charnue et ourlée à souhait!

C. Miss Bateman, C. Margaret Hunt
C. Snow Queen, C.Mrs Georges Bachmann
Je vous ai déjà parlé de la Clématite montana Rubens qui a fait florès au-dessus du Malus rubra au printemps. J'aime sa fleur simple et à force d'obstination, la voilà qui décide de se plaire chez moi!

C. montana Rubens
Et plus tardivement, c'est une Clématite recta qui fait mon bonheur, avec une fleur encore plus petite, mais tellement gracieuse! Son feuillage pourpre anime les verts du printemps.


J'en oublie, je pense, de celles qui n'ont jamais fleuri, de celles que j'ai déplacées et qui n'ont pas repris, et d'autres encore... Mais tant que le jardin vivra, il se parera de ces belles, malgré tout!

mardi 17 juillet 2018

Estivales

De retour après avoir abandonné le jardin une troisième fois, je suis ravie de pouvoir profiter des beaux jours dans un jardin certes échevelé, mais tellement reposant! Il y a beaucoup de travail, bien sûr, du côté des roses fanées et des mauvaises herbes! Je ne me presse pas pourtant, laissant couler les heures de l'été...


La grêle a par deux fois déchiré les feuilles et cassé les bourgeons - les hydrangéas et les hostas sont ceux qui ont le plus souffert. Mais je n'y peux rien, bien trop contente que les balles de ping pong n'aient pas abîmé la voiture ou la maison!  Je joue donc du sécateur...
Pendant mon absence, le "jardinier" engagé par ma voisine a eu la bonne idée de dépasser les bornes et de tailler Physocarpus - en fleurs - et Viornes croulant sous les fruits - garde-manger des oiseaux - au carré pour faire une belle haie! Les mêmes buissons que je fais soigner par une taille dite "paysagère" au mois de février à grands frais. C'est une déconvenue bien plus forte que celle des aléas du climat: Les excuses n'y pourront rien changer... et j'enrage toujours.

Mais "à l'intérieur", du bon côté de la haie, les hémérocalles font les belles depuis bientôt trois semaines. Les valeurs sûres, comme H. fulva


et les nouveaux hybrides qui après 3 ans de plantation décident de fleurir enfin convenablement. Elles sont si lentes à démarrer pour ensuite prendre des proportions étonnantes!

Hémérocalle Valseuse
J'ai un faible pour la mignonne Pardon Me et je me réjouis de cette mode des "petites" fleurs, si gracieuses


Les lys eux font dans le gigantisme. J'en ai perdu beaucoup, les retrouvant cassés au matin, à différentes hauteurs... et les autres plantes écrasées à leur pied. Le sieur Goupil a été vu se faufilant dans la haie et il a dû trouver ce jardin inhabité bien accueillant, avec couche fraîche et eau à portée de museau! Pas très contente pour mes plantes, mais si heureuse du retour du renard qui avait disparu depuis plusieurs années, pourchassé pour cause de "prolifération"...


Quand la jardinière n'est pas là, le gazon prend ses aises... et voilà: 


Il est vrai que je ne tonds plus l'herbe sous l'érable japonais vieillissant, et si cassant. Je la remplace par des plantes basses, viola, campanules, lysimacchia, petits géraniums pour garantir une couverture fraîche aux racines et prolonger la vie de l'arbre.  

Dans la suite de l'arrachage du bambou, j'ai prévu de refaire le gazon et de faire installer un robot. Les travaux devraient commencer en septembre. Ma vieille herbe va me manquer, elle qui a su si joliment s'ensauvager depuis 30 ans! 

Je ne peux pas parler de l'été sans parler de l'Echinacée, la belle...  Elle attire les bourdonnants de toute sorte, et hier, j'ai même vu de jeunes cétoines s'en faire un festin! Elle m'est indispensable pour sa couleur et sa tenue!

Echinacée Primadonna


Et parce que les jours sont chauds et ensoleillés et le ciel limpide, le Moro sphynx est un visiteur assidu et bienvenu.


Il n'y a pas de bonne saison pour quitter le jardin - à part l'hiver! Mais comme l'été à l'ombre du chêne est bienfaisant!