samedi 30 mars 2019

Chaque floraison

Verveine Sauvage a joliment dit dans les commentaires du précédent article : 
"Chaque floraison est un sourire"

Une phrase qui me revient en tête quand je découvre jour après jour les cadeaux du jardin. Tout est encore modeste : il gèle toutes les nuits et malgré les doux après-midi, je ne suis pas si pressée de voir les nouvelles feuilles sortir pour dépérir de froid la nuit. Patience...

Les hellébores ont enfilé leur robe pourpre. Je les trouve si gracieuses, même si elles arrivent bien tard et que l'on en a vu de splendides dans tous les jardins virtuels. La collègue qui m'a donné la première m'a dit : "tu en auras partout". C'est bien vrai : elles se resèment à profusion et ont même colonisé le talus de mes voisins bien contents!


Le jaune bien sûr est de saison! Les premiers narcisses éclosent, symboles incontournables du printemps...

Narcisse Ice Follies
Narcisse Tête à Tête
Et le blanc, avec les Anémones blanda que je renouvelle chaque année - des marguerites avant l'heure. 


Enfin, les gracieuses Tulipes turkestanica qui n'ouvrent qu'au soleil - quelques heures par jour qui suffisent pour que les abeilles s'en repaissent.



Quant au Bombyle, il a trouvé solarium à son goût sur une étiquette effacée...


Le Magnolia stellata a souffert du sec cette année. En fait, il ne fleurit bien qu'une année sur deux, quel que soit l'amendement que je lui fournis... N'empêche que ses corolles de jade me ravissent, même si ce n'est pas l'opulence. Un peu de délicatesse ne saurait nuire!


Du plaisir,  et le sourire, c'est vrai, à chaque découverte... Une note de violet parfumé pour terminer ce mois de mars


mardi 26 février 2019

Tentations...

Je l'avoue : j'ai cédé aux sirènes des jardineries, faisant fi de toute prudence et de tout bon sens... La fraîcheur, les couleurs et surtout le parfum dégagé par toutes ces primevères bien serrées dans leurs tables de présentation m'ont fait tourner la tête!

J'ai installé mes potées printanières, si gaies!


J'ai aussi ravivé quelques massifs à peine nettoyés, parsemant d'ici et là, quelques taches de lumière.


Je sais, l'hiver n'est pas fini, il gèle encore toutes les nuits, mais je tenais à renouveler mon stock de Viola et de primevères et je craignais ne plus en trouver à la "vraie" saison. Je prendrai la peine de couper les fleurs et feuilles fanées et de les planter pleine terre lorsque le froid attendu ces prochains jours les aura ruinées.

Le jardin s'éveille tout doucement, mais la terre est très sèche, malgré la neige, et les fleurs restent petites, à l'instar de l'Anémone hépatique nichée dans le mur, bien au chaud...


Les perce neige font leur job et je ne m'en lasse pas. Elles poussent dans les feuilles mortes et font leur place s'étendant année après année. J'aime leur bouquet bien serré, si naturel.


Et je ne résiste pas au plaisir de vous montrer Sieur Aglais urticae, joliment surnommé Petite Tortue, qui me rend visite tous les jours, en manteau d'hiver encore!




dimanche 17 février 2019

Ma pierre du Jura


Depuis enfant, j'ai collecté des cailloux, des galets bien lisses, des granits bien rugueux, des pierres denses ou d'autres encore, plus légères. J'ai trimbalé tout un petit monde pendant mes voyages, mes déménagements et encore maintenant je me résous mal à jeter ces souvenirs encombrants...

Pourtant, c'est d'un autre caillou que je vais vous dire l'histoire, profitant de ces journées encore hivernales où le jardin dort.

Habitant les Alpes, je n'ai découvert le Jura qu'assez tardivement, mais j'ai tout de suite était fascinée par ses rocailles naturelles. Un jardin immense que seul un jardinier génial avait su créer. Les plantes bien sûr,  si heureusement enserrées dans ces cavités qui captent la chaleur, mais aussi le minéral. 


Ces roches sont désormais interdites de cueillette, mais il faudrait dire de "déracinement" tant elles sont intégrées au sol. Le gel ou le sabot d'une vache parfois les brise, mais ce ne sont que des éclats...

Ma pierre a certainement été ramassée il y a bien longtemps et elle servait de support sous le robinet d'arrosage d'un vieux jardin de la région... Je me désolais de la voir livrée  à cette tâche prosaïque, mais j'étais bien la seule à voir l'intérêt de ce beau matériau. Quelques années plus tard, à la faveur du déménagement des locataires, j'ai été invitée à choisir "ce qui me ferait plaisir au jardin". J'osais à peine formuler ma demande, mais je suis revenue avec "ma" pierre - entre autres.


Je l'ai tout de suite habillée de joubarbes, de sedums.... Les mousses son venues s'installer naturellement. Bien au chaud sur la terrasse sud, c'est mon petit jardin sec - bien modeste.


Tout ce petit monde n'a jamais démérité, et depuis 20 ans bientôt, je le regarde évoluer, chaque saison avec ses particularités.


Mousses, lichens,  fourmis et araignées ne la dédaignent pas non plus.


L'hiver parfois me fait craindre le pire,


mais c'est une renaissance à chaque fois.


Pourtant après tant d'années de vie sauvage, je me résous maintenant à lui ajouter un peu de terre au printemps et à remplacer quelques vaillantes qui vont finir leur vie dans un milieu plus nourrissant...

J'ai déplacé ma pierre elle-même pour lui faire profiter de l'ombre légère de l'Acer palmatum, quelques dizaines de centimètres au plus.


Ainsi, je la garde toujours sous les yeux, avec le souvenir de son origine magnifique!



Si vous êtes intéressés par la pierre elle-même, vous trouvez tout ICI