dimanche 16 juin 2019

Plumets

C'est le petit oeillet blanc porcelaine, Dianthus plumarius, que je cultive depuis 40 ans, dans différents jardins, qui m'a montré la grâce des fleurs découpées.


Toutes n'ont pourtant pas le parfum envoûtant qui le caractérise et c'est ce manque qui pénalise à mes yeux la Centaurée qui a le bon goût de se plaire dans mon terrain! Pourtant, les butineurs l'affectionnent et ainsi, je la laisse s'installer où bon lui semble...


Au beau Jardin de Berchigranges, j'avais craqué pour le Silène Hirta. Sa double rangée de cils m'avait fait de l'oeil. Je l'ai déplacé, malmené, mais c'est un indestructible qui aurait tendance à tout envahir grâce à son réseau de racines dures et cassantes. Chaque morceau repart de plus belle, même s'il faut compter deux ans pour qu'il se sente à l'aise. En fin de printemps, c'est de la lumière dans les massifs!


Le roi du plumet reste pourtant le Pigamon à feuille d'ancolie : un nuage rose...


J'aime contempler de tout près les étamines qui donnent de la légèreté à la fleur, comme sur cette Spirée à feuille de bouleau.


L'Oeillet barbu joue aussi de la houpette, mais dans un mode plus dru et plus rigide. Un vrai bouquet sur chaque tige.


Et la Nigelle met à profit ses bractées pour se donner des airs d'évaporée...


Pour la Benoîte des ruisseaux, il faut attendre sa fanaison pour rire de sa tête ébouriffée. Elle semble avoir mal dormi!


Mais la Clématite Le Président, en fin de vie, garde son air sévère et rigide.


Malgré leur belle couleur, je n'avais jamais voulu d'Ageratum dans mes jardins, dégoûtée par des massifs urbains sans âme. Mais, je vais y regarder de plus près!

Et vous, aimez vous la légèreté des plumets ?

jeudi 13 juin 2019

De bric et de broc

Comment faire un billet cohérent alors que les floraisons sont éparpillées, les unes ruinées par les pluies battantes de ces derniers jours, les autres retardées par le même phénomène?

Pour ne pas abandonner la chronique du jardin, je rassemble quelques photos qui me semblent bien convenir à la saison... 

Enfin, la glycine se remet des deux gels successifs - une fois sur les bourgeons de fleurs, et un mois après sur les bourgeons de feuilles. Sa feuillaison est toute dorée, et de ci de là, se glisse la merveilleuse grappe mauve. J'en suis bien contente!


Les iris ont cassé, ou ont été mangés par les limaces... Drôle de printemps! Quelques-uns fleurissent encore, et chacun est comme un cadeau... Les Iris pseudoacorus, eux, sont bien aise de toute cette eau!


Les "coquelicots géants" ont terminé d'éblouir leur galerie, juste un ou deux encore. L'ail christophii lui est magnifique et n'a pas souffert. C'est la première fois que j'en plante, et cela a été une réussite!


Des taches de lumière, aussi, avec les Pavots rhoea. Cet impudent tout retroussé m'a fait sourire... Heureusement, il y en a beaucoup de plus avisés qui sont encore en boutons!


Beaucoup de couleurs, me direz-vous - mais pas tant que ça! Je n'ai pas de larges plages qui plairaient à mon oeil de peintre... Le jardin égraine ses petites fleurs, et certaines scènes plus spontanées que voulues ont beaucoup de fraîcheur, mais ne font pas vraiment "belle saison".


Pour m'en consoler, je compte sur la floraison des rosiers, qui arrivent en catimini. Oui,oui, j'ai bien vu que la belle Ghislaine de Féligonde abrite une colonie importante de pucerons! Mais sous son ombre, une fauvette a construit son nid, et les trois petits sont à pied d'oeuvre pour l'en débarrasser, ce qui me permet de les observer sans les déranger...


Les rosiers qui ont été mis en pot pour leur remise en forme l'automne passé font de belles pousses. Ce régime leur a vraiment plu et je prévois déjà de faire subir le même traitement à quelques maigrichons qui ne veulent pas fleurir!

Le beau R. Augusta Louise ne s'était jamais vraiment remis de son déménagement. Vendu pour orangé, il avait le mauvais goût de fleurir en rose chaud au milieu de mon massif jaune... Déplacé, il a végété sans plus jamais fleurir pendant deux ans. Et là, dans son pot hôpital, sa petite branche de 40 cm me fait une fleur, presque orange!


Quand je parle de rosiers, je n'oublie jamais mon beau Cardinal de Richelieu. Pour moi, c'est la couleur parfaite! Il n'a à mon avis qu'un seul défaut: il n'est pas remontant... mais quel grâce!


Et pour terminer ce billet sans raison, un jeune rouge queue qui aime particulièrement arpenter la cour. Il a dû naître sous la tuile de toit de la maison voisine et je peux l'admirer tous les jours... à moins que ce ne soit lui qui m'épie!







vendredi 7 juin 2019

Géants

Des compliments sur le jardin, j'en reçois parfois... Des un peu contraints: "c'est joli", des un peu compatissants: "c'est du travail, tout ça!", des surprenants qui arrivent au détour d'une conversation hors contexte: "c'est le plus beau jardin du coin"... 

Peu de gens jardiniers ou s'intéressant à la plante, mais qui sont peut être touchés par l'éclat d'une fleur. En général, je ne m'en préoccupe guère, jardinant bien égoïstement pour mon plaisir. Les abords de la maison sont toujours bien plus fleuris que le côté donnant sur la rue et beaucoup pensent que ça fait "cheni" ces brassées de fleurs mêlées.

Mais, cette semaine, travaillant cachée par les buissons, j'entends des rires et des cris d'enfant. Un petit criait :

"Des coquelicots géants, des coquelicots géants"

tant et plus, sans pouvoir s'arrêter, trépignant devant le jardin, l'émerveillement le submergeant et ce, malgré les "chut" gênés de la maman.

Jamais, je n'ai reçu de plus beau compliment et je l'avoue, j'en avais les larmes aux yeux, entre rire et émotion!





Plus jamais je ne regarderai mes pavots bon enfant sans penser à la voix haute et enthousiaste de ce petit bout de chou inconnu!